Mercredi 20 janvier

L’autre jour, je poste un meme débile que j’oublie presque dans la foulée. Et comme à peu près tout ce qui plonge dans le bain des réseaux sociaux, il devient l’objet de débats plus ou moins apaisés (c’est bien entendu l’image qui illustre cet article).

Je déplore les quelques insultes reçues, tant il est vrai que les collègues se voyant plutôt dans la situation inverse m’ont amené à réfléchir.

Le Monsieur Samovar flamboyant qui fait cours plus ou moins dix-huit heures par semaine s’est construit lentement, après ces trois premières années épouvantables que j’évoque souvent. Un peu par nécessité. En effet, j’en suis arrivé à la conclusion que je ne serais jamais capable de tenir ce rôle de personnage rigoureux, calme et soigneux en permanence. Ce masque ne m’allait pas, et n’allait pas non plus aux élèves.

C’est cette dose d’excentricité qui m’a sauvé. Proposer de l’inattendu aux mômes pour me permettre de réfléchir à ce que je vais dire, pour prendre du recul sur la situation, pour dédramatiser des conflits que, autrement, je ne parvenais ni à apaiser, ni à différer.

J’ai parfaitement conscience qu’il s’agit d’un cheminement personnel. Et que pour nombre de collègues, il sera infiniment plus rassurant d’être ce prof sérieux et cohérent que ce mélange entre le 4e docteur et Willy Wonka. Mais il s’agit de mon gardien. Et de celui des élèves. Celui qui me permet d’abolir au mieux la distance qui, souvent, nous sépare.

Laisser un commentaire