
Vie de classe : je demande aux sixièmes Akwakwak d’imaginer leur collège idéal. Le but étant de déconstruire certains clichés qui ont encore la vie dure même après six mois au collège (non les profs ne sont pas payés à la mauvaise note, oui l’Éducation est un droit, non ce n’est pas le principal qui décide des programmes).
Dans chaque activité d’élève ou presque, revient une envie : ne plus avoir de contrôles.
“J’aime bien apprendre mais j’ai toujours peur du moment où le contrôle il viendra.
– Ma mère elle dit que ça sert à rien d’aimer les maths si j’ai d’aussi mauvaises notes.
– Si je réussis pas mes contrôles au collège, je sais que j’aurai pas un bon métier, mon grand-père il me le dit tout le temps.”
Il ne s’agit pas ici de remettre en question tout le système d’évaluation, mes opinions sur le sujet sont loin d’être suffisamment développées pour que je les mette en forme. Mais on met sur les épaules de ces fameux “contrôles” un poids qui, en fin d’heure, me fait éclater :
“Mettez-vous dans la tête qu’un contrôle, c’est comme vous prendre la température ! On voit votre état à un moment, et c’est tout !”
Il y a des rires. C’est un début. Même s’il est évident que la légende-contrôle ne reprendra pas des dimensions humaines dès ce soir, rire de ce qui fait peur ouvre des portes.