Lundi 1er février

Visionnage de Chihiro, suite. Aujourd’hui, ce sont les sixièmes Akwakwak qui le découvrent. Réactions beaucoup plus enfantines que dans les deux autres classes. Davantage de rire, de frissons, de sursauts lors de moments impressionnants. Par contre, ils sont tous restés sagement derrière leurs tables, aucun d’entre eux ne s’est décalé ou n’a demandé à se déplacer comme c’était le cas dans les deux autres groupes.

“Ils sont plus scolaires.” m’a dit quelques heures plus tôt F., leur prof d’Histoire-Géo. C’est vrai. Cette classe absolument chaotique de début d’année est, à ce moment de leur scolarité, celle qui s’accomplit le plus dans les rituels scolaires : ils font leurs devoirs, écrivent soigneusement leurs leçons, recopient et approuvent. Ils n’ont pas la vivacité d’esprit de leurs camarades ou l’esprit d’initiative qui me séduit tellement, d’habitude.

Mais quand je vois les difficultés qu’ils ont surmontés depuis le début de l’année, je ne peux m’empêcher de ressentir une étrange bouffée d’admiration. Tout ou presque est encore à faire : s’ils se comportent bien en classe, au-dehors c’est une autre affaire.. Mais ils avancent. Ils progressent. Ce verbe tellement galvaudé, tellement usé, prend un nouveau lustre. Comme lorsque Chihiro gravit péniblement le bord du bain boueux pour venir au secours de l’esprit de l’eau, ils avancent lentement.

On n’a pas idée à quel point ça peut encourager les adultes qui s’en occupent.

Laisser un commentaire