
Je passe l’après-midi chez mes grands-parents. Qui sont en ce moment dans une frénésie de tri, de rangement. Des années de vie terminent bêtement dans la poubelle à recyclage, sous le regard horrifié des enfants et petits-enfants :
“C’est bon, vous ne connaissiez pas ces gens.” me sermonne ma grand-mère quand je lui demande pourquoi elle s’est débarrassé de dizaines de photos.
Je récupère ce que je peux récupérer : notamment des livres qui ont bercé mes étés. Une collection, en particulier, de mythes et légendes. Pincement au coeur : ce sont ces mêmes mythes, ces mêmes légendes que je me délecte à raconter aux élèves, tous les ans. Des histoires que je leur fais découvrir sans me poser de question. Tellement arrimées à mon imaginaire qu’elles en constituent l’essence même. Imaginaire transmis, d’année en année, depuis treize ans.
Je passe mon temps à dire qu’il faut absolument tracer la frontière entre sa persona de prof et sa personne.
Mais nos racines parcourent les salles de classe.