Jeudi 11 février

Dans les expressions anglaises pas tout à fait traduisibles en français, il y a celle-ci qui me touche beaucoup : going through the motions. Faire quelque chose de façon automatique, parce que c’est implanté en nous, qu’on le fait depuis toujours.

C’est l’impression que j’ai depuis quelques jours. Depuis le début de l’année en fait, mais l’accumulation des contraintes me le fait ressentir de façon plus aiguë en ce jeudi 11 février.

Prendre la voiture, écouter l’émission matinale, même si des plaques de verglas nécessitent que la concentration se portent davantage sur la conduite que sur les mots.

Accueillir les élèves avec toute la conviction possible, quand bien même, transports scolaires encore immobilisés par mesure de précaution, ils sont entre cinq et douze par classe.

Leur faire faire du théâtre, les inviter à tirer la langue, bailler ou faire semblant de pleurer, même si un masque leur mange la moitié du visage.

Faire des projets, tracer des perspectives au long court (je laisse la faute de frappe), quand bien même, dans un peu plus d’un mois, je serai un souvenir au collège Nohr.

C’est comme une danse que l’on effectue plus ou moins gracieusement. Mon corps et mon esprit l’ont apprise à force d’échecs et de répétitions. Incarner le prof, l’école. Invoquer l’enthousiasme, l’inattendu, l’attention. Quand bien même, quand on se décentre un peu, que l’on s’observe de l’extérieur, on se demande si tout cela n’est pas un peu dérisoire, un peu vain. La neige, la pandémie, la fatigue de sept semaines de cours…

Mais on danse. C’est étrange, mais c’est aussi dans ces moments que notre métier est très beau.

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