Lundi 12 avril

Pour les vacances, j’ai proposé aux sixièmes Canarticho un marathon d’écriture. Une trentaine d’exercices, piochés dans divers bouquins, leur proposant d’écrire de minuscules textes, dans le format qu’ils souhaitent.
“Je ne veux pas faire de vous des écrivains, je voudrais juste que vous sachiez ce que ça fait.” C’est mon poncif quand certains élèves m’expliquent qu’ils n’y arriveront pas parce qu’ils ne sont pas auteurs.
Avec le temps, j’ai tendance à revenir sur cette phrase, que j’ai très longtemps balancé un peu sans réfléchir. Ce que j’aimerais, en fait, c’est qu’ils s’aperçoivent que l’écriture est à eux, aussi. Certains le savent déjà. Que ce soit pour écrire des histoires immenses ou entretenir une correspondance avec leurs camarades, ils se sont emparés des mots. Mais pas tous. Pour d’autres, il y a toujours ce moment où “on arrête de rigoler”. C’est Lyn qui l’a dit à mi-voix, l’autre jour, après un exercice oral consistant à repérer des attributs dans une phrases, à la suite duquel je voulais leur faire noter ce qu’ils avaient compris.
“Vous auriez voulu continuer l’exercice, Lyn ?” (Je n’en n’aurais de toute façon pas été capable, 50% de mon énergie durant les cours de grammaire consistant à ne pas étouffer des bâillements peu éthiques et responsables.)
– Bah oui. Maintenant il faut… pfff… écrire.“
C’est sans doute très naïf. J’espère que parmi ces mini-jeux d’écritures, quelques-uns qui n’y parviennent pas encore parviendront à y trouver un peu de plaisir. A se remettre à rigoler.