Mardi 13 avril

Coup de téléphone de L. Comme moi, elle a quitté Ylisse l’année dernière. Nous discutons un peu de nos expériences. Et arrive la question de la violence. C’est étrange, lui dis-je. Lors des six dernières années qui viennent de s’écouler, nous avons constaté que les gamins s’insultaient, se battaient, pour des raisons souvent incompréhensibles (“Il m’a mal regardé, monsieur !”)

Naïvement sans doute, nous nous sommes dit que quitter le REP+, ou, dans mon cas, la région parisienne nous ferait aussi quitter ces épisodes de violence.

Il n’en n’est rien. Les mômes sont aussi capables de se faire souffrir. Différemment mais tout autant. Et là où exerce L. aussi. Elle me parle harcèlement et fausses preuves. Je lui parle de l’assistant social du collège Nohr, surchargé par des affaires dans lesquelles, souvent, les parents s’impliquent.

Et de me demander si cette violence est un passage obligé. J’ai maintes et maintes fois écrit dans ce journal que le collège est un passage compliqué parce qu’on y apprend une nouvelle étape de la vie en société. Et je frissonne un peu à me dire que, quoi qu’il arrive, quel que soit l’endroit, les élèves en arrivent toujours à se faire du mal, quel que soit l’avatar de leur envie de blesser.

Enfin, je me demande quel rôle, nous adultes, y tenons. Responsables ou protecteurs.

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