Mercredi 14 avril

Ironie du sort. Avant-hier, je parlai des difficultés de certains à écrire. Aujourd’hui, Jonas m’a envoyé ce qu’il appelle une rédaction. Trente-quatre pages de ce que je ne pourrai pas appeler autre chose qu’une fanfiction sur Bilbo le Hobbit.
Lorsque j’avais reçu ses parents, il y a quelques semaines, j’avais écouté d’une oreille distraite la remarque de sa maman : “Il détestait écrire, mais là, depuis que vous les avez faire travailler sur Bilbo…”
D’une oreille distraite parce qu’on était là pour parler des soucis de comportements du garçon, et aussi parce que la fameuse rédaction que j’avais réclamée à corps et à cris, je ne l’avais jamais reçue.
Elle est là. Un fichier texte dont les caractères et les marges partent dans tous les sens, aux dialogues à peine séparés du reste par des guillemets, et à l’orthographe pour laquelle le correcteur n’a pu faire grand chose, la dyslexie de Jonas étant plus forte que les stratagèmes de Microsoft.
Le môme a voyagé en Terre du Milieu, c’est évident. Gandalf, Thorin et les autres sont devenus ses potes. Pas ou très peu de références à la suite du livre ou aux films. Jonas a écrit son histoire à lui. Quelque chose qui lui faisait plaisir et qui, malgré des tournures embrouillées, est plutôt cohérent avec l’univers de Tolkien.
Trente-quatre pages sur mon ordinateur. Un gamin visiblement ravi d’avoir pu entrer dans un monde qui ne lui appartient qu’à lui, autant qu’il appartient à tous les lecteurs de JRR.
Et la question finale : “Ça vaut quelle note ?”