Mercredi 21 avril

Durant les vacances, je me suis réattelé La Recherche du temps perdu, du père Marcel. Il y a quelque chose de presque caricatural à me voir prendre des notes sur ma liseuse, en prof de français appliqué.

Et tandis que je dévale une nouvelle phrase torrent, me revient en tête cette phrase qu’on m’a dit en cours de théâtre, que je répète souvent aux élèves : “ces œuvres sont à vous”.

Je refuse de voir cette lecture de Proust ou de tout autre classique comme ridicule ou intello. De la prendre au second degré. Parce que c’est presque toujours l’un des premiers blocage que je dois déconstruire lorsque j’aborde un texte connu avec les mômes : aucune œuvre n’est trop vieille, trop clichée, trop usée. Ces mots qui tissent notre culture, il nous est loisible de nous les réapproprier individuellement. Ne lis pas Molière parce que tu dois, lis-le parce qu’il t’a été transmis de voix en voix, parce qu’une fois que tu le seras approprié, il te sera loisible de le laisser de côté ou d’en faire l’un de tes piliers.

Et comme charité bien ordonnée commence par soi-même, je m’efforce de m’appliquer ce précepte. Monsieur Samovar, à bientôt quarante balais, qui continue à rougir de trouver ça chouette, la rencontre de Swann et d’Odette de Crécy.

Ces œuvres sont à nous. Un truc essentiel, que je ne sais pas encore transmettre.

Laisser un commentaire