Vendredi 14 mai

Discussion avec une élève de lycée, au sujet de son bac de français à venir. La dernière fois que j’ai enseigné à des lycéens, c’était pendant mon stage. Et, comme à cette période, je suis frappé par la vivacité d’esprit de mon interlocutrice.
Il y a quelque chose de puissant, propre à cet âge, que je détecte parfois chez quelques troisièmes, aux alentours du deuxième trimestre : ils ont encore cet immense élan de l’enfance, et une maturité qui leur fait comprendre que oui, ce savoir dans lequel on les fait baigner depuis l’école primaire leur appartient. Qu’ils peuvent s’en emparer, le décanter, et l’ajouter à l’immensément complexe chimie de leur esprit.
C’est cet état d’esprit qui m’a vraiment poussé à lire. Beaucoup et passionnément. Qui a fait de mon année d’hypokhâgne un bouillonnement de découvertes, de méthodes qui me servent encore aujourd’hui.
Quelques minutes plus tard, je vais courir, et je vois deux jeunes gens qui me dépassent comme des flèches. Je ne pense pas que je recourrai un jour avec la même aisance. C’est dit sans amertume. L’esprit de cette lycéenne avec qui j’ai parlé, de beaucoup d’entre eux, a ce côté délié. J’aimerais pouvoir leur donner les clés pour profiter de ces années, les plus propres à être éclatantes.