Samedi 15 mai

Préparation des cours de la semaine à venir sur L’île au trésor : les sixièmes Canarticho bosseront sur des scènes du film de Walt Disney des années 50, une adaptation extraordinairement fidèle et naïve du bouquin. “Pour moi, c’est la meilleure”, m’a un jour dit ma sœur. En tant que prof, moi aussi.
Ça rejoint cet objectif que je me fixe de donner aux élèves des archétypes. Trop souvent, je pars du principe que nous partageons, eux et moi, le même univers mental. Que lorsque je leur dirai “chevaliers”, ils verront forcément le type avec sa lance et son épée sur sa monture caparaçonnée. Que lorsque je dis “Bateau pirate”, ils le verront, lancé sur les océan, le Jolly Roger flottant au vent.
Bien sûr ce n’est pas toujours le cas. Et c’est l’une des premières raisons pour lesquelles des élèves décrochent d’une lecture. Même une fois expliqués, ces mots de vocabulaire ne résonnent pas de grand-chose. Certains auront lu One Piece ou vu Pirate des Caraïbes. Une poignée aura emprunté une histoire de pirates au CDI. Mais pas toujours.
Du coup, oui, leur donner quelques images simples, naïves. Histoire qu’ils construisent, là-dessus, leur imaginaire à eux. Quitte à le détourner, le parodier. Mais ils auront vu les grands tricornes, les jambes de bois et les coffres au trésor de forbans de littérature. Le dessinateur Boulet disait que l’imaginaire s’apprend. Et c’est un apprentissage que j’adore faire en compagnie des élèves.
(Image tirée du film L’île au trésor de Byron Haskin)