Mardi 18 mai

(Les billets des jours à venir seront probablement d’un format très bref pour plusieurs raisons indépendantes de ma volonté).

J’enseigne depuis bientôt 14 ans. A raison d’environ cent élèves par ans, j’aurai à la fin de l’année vu défiler environ 1400 élèves dans les différentes classes qui m’ont été confiées. Un peu moins si l’on compte les élèves que j’ai retrouvés d’une année à l’autre. Allez, mettons 1300.

Il y a dans un coins de mon esprit un village dans lequel subsistent ces mômes. Certains à peine une présence, d’autres, beaucoup plus rares, des êtres quasi-autonomes, traits du visage, nom et prénom. Mille trois cent existences que j’ai approchées et peut-être, de temps en temps, un brin infléchies. Je ne le saurai jamais, l’hypothèse la plus probable est que nos relations de travail n’auront quasiment rien changé à leur vie.

Mais ce village, de temps à autres, me résonne sous le front. Je le visite peu, on ne peut porter toutes ces anciennes présences, me dit ma mère, elle-même retraitée de l’Éducation Nationale.

Il n’en reste pas moins qu’il est partie de moi.

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