Vendredi 4 juin

Ils sont trois, en sixième Canarticho, à avoir attendu toute l’année une place dans des sections aménagées. Trois élèves à ne pas avoir, pour cause de manque de personnel, de papiers perdus, d’histoire d’adultes, à ne pas avoir été inclus dans la classe avec les aménagements qu’ils auraient mérité.

A partir de l’année prochaine, ce ne sera plus le cas. Les fourches caudines de l’administratif ont été franchies. Ils auront enfin le droit à la scolarité qui leur est due. C’est ce que m’annonce L., leur professeur principal, en souriant.

Un an à bricoler. A préparer des documents et des évaluations aménagées, à ne pas leur demander la même chose qu’aux autres, à collaborer avec leur AESH, elle-même submergée de boulot. Un an à espérer que, finalement, Oleg, Sasha et Andréa ne baissent pas les bras. Ne prennent pas l’école en grippe. Et ils ont été courageux, s’accrochant jour après jour, même quand les adultes n’avaient pas de temps pour eux. Même quand ils se trouvaient épuisés.

Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une année perdue. Malgré le confinement, malgré les manquements. Ils repartiront tous les trois en ayant appris, en confiance, je l’espère, avec le système scolaire.

Parfois, les choses se terminent bien.

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