Samedi 5 juin

Coup de téléphone de la collègue que je remplace. Elle aimerait savoir si tout se passe bien, si les premières sont fin prêts pour le bac de français (non) et si les secondes ne m’ont pas encore dévoré tout cru (non plus). Je passe donc un certain temps à la rassurer et à confirmer que non, ce n’est pas ma première année dans l’enseignement, malgré ma voix de jouvenceau. (J’ai le physique d’un homme de 38 ans et la voix d’un mec de 21 apparemment, et ça fait désordre).

“Par contre, finis-je par ajouter, c’est vrai qu’il est difficile de les faire participer au cours.
– On leur demande beaucoup de moins intervenir, en début d’année, avoue la collègue. Le programme est tellement pléthorique, et ils viennent du collège en commentant à tort et à travers…”

Et encore une fois, on retombe sur l’un de ces fabuleux paradoxes dont seule l’Éducation Nationale a le secret : si nous passons quatre années à chanter sur tous les tons aux mômes de collège qu’il FAUT lever la main, qu’il FAUT essayer de participer, même quitte à faire des erreurs, il semblerait qu’au lycée, cette modalité de fonctionnement ne soit plus vraiment recommandée (je parle bien sûr d’une expérience unique et personnelle). En changeant de décor, on demandera aussi aux élèves de changer d’attitude et d’apprendre à la fermer. Donc oui, forcément, le toto qui arrive de son cours de sixième au mois de juin et leur demande de se lancer dans des hypothèse parce que, trololol, c’est tellement fun le monologue de Phèdre, ça doit faire désordre.
Ce cours remplacement au lycée m’aura permis d’exorciser ma frousse d’enseigner à des élèves ayant passé le brevet… mais il a posé nettement plus de questions qu’il n’a donné de réponses…

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