Lundi 7 juin

Avant-dernière journée de mon double remplacement lycée / collège. Je retrouve les premières dans un état d’agitation semblable aux sixièmes Akwakwak, ceux dont j’ai été prof principal deux trimestres, au début de l’année. Ils ont des milliards de questions mais leur nervosité, mélange d’angoisse du bac et d’envie que l’année se termine, ne leur permet pas de se concentrer les douze secondes nécessaires pour obtenir la réponse. (je mens : au lycée, le temps semble se contracter de façon DoctorWhoEsque, à tel point que mes cours me font un peu l’effet de : “Bon, maintenant que j’ai fini l’appel je… eh bien à demain.”)
Je tente donc de les rassurer quand au fait qu’ils se rappellent parfaitement de ce que nous avons vu sur les propositions subordonnées, que oui, la voix passive c’est bien le “truc avec la souris qui mange le chat” (Jean-Michel Apeuprès es-tu là), et en distribuant des corpus de lectures cursives à en déforester trois fois l’Amazonie.
Une fois ma voix soir d’hiver sur la banquise prise deux ou trois fois, ils finissent par s’apaiser et nous arrivons à faire cours correctement.
Finalement, cette première sera un rendez-vous manqué, mais trop bref pour que j’en ai de véritables regrets. Je commence à distinguer quelques regards derrières les masques. Des dos qui se redressent, de très légères plaisanteries qui fusent. Mais après-demain, ce sera terminé. Sort banal, habituel, de TZR. Profite de cette heure trente qui reste, donne-leur quelques outils et de bons souvenirs. Pour le moment, tu ne peux pas espérer mieux.
Et c’est bien comme ça.