Mardi 22 juin

Les jours vont commencer à raccourcir à partir d’aujourd’hui. Et à partir d’aujourd’hui, je ralentis.

Une heure de cours avec les sixièmes Canarticho. Nous prenons un peu plus de temps à lire le texte, à faire les exercices. Je fronce moins les sourcils sur les interruptions hors sujet (“Monsieur, c’est vrai qu’avant, les gens ils se battaient à l’épée dans la rue ?”)
Une deuxième heure durant laquelle ils illustrent leur pastiche du Roman de Renart. Il y a des crayons à papier, des stylos et des feutres. On se lève un peu sans permission. Je passe de table en table, pour donner des conseils, et discuter aussi.

“J’ai mal à la cheville monsieur, mais c’est pas grave hein ! Je me suis fais mal sur la poutre. Vous avez vu comme je suis petite ? Quand je suis sur la poutre, ça donne le vertige !”

“Monsieur, Antoine il a écrit une lettre pour qu’on soit ensemble dans la même classe l’année prochaine. Mais si j’ai pas fait pareil, vous pensez que ça va pas marcher ?”

“Monsieur c’est comment l’espagnol ? Ma mère elle dit que c’est facile et mon père que c’est super dur ! C’est utile, si je veux travailler dans les avions ?”

Leurs mains sont toujours occupées, leurs yeux souvent sur la feuille. Chaque fois que le bruit monte, je regagne le bureau, le tableau. Jusqu’à ce qu’ils se concentrent, et que les conversations recommencent à volume doux.

Ce n’est pas un moment exceptionnel. Mais en cette journée de conseil de classe, j’espère que c’est ce dont ils ont besoin.

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