Mardi 7 septembre

Voilà, je les ai tous rencontrés. Tous les élèves que je verrai, entre trois et cinq heures par semaine, pendant trois mois. Et déjà les habitudes s’installent. Contrairement à ce que prévoyais, le plan du lycée Gallia s’est instantanément gravé sous mon crâne. Je parcours la ligne droite qui mène de la salle des profs jusqu’à “ma” salle, privilège que je retrouve pour la première fois depuis sept ans et mon départ du collège Crimea. Je m’arrête parfois pour écouter l’élève qui se sera installé au piano. Ils ont installé un vieux piano un peu désaccordé dans l’espèce d’atrium, et c’est une chouette idée.
Je commence à repérer quelques noms. Ceux des élèves qui participent beaucoup, forcément. Ceux que j’ai eu à reprendre. Ceux que je remarque parce qu’ils ont un classeur jaune ou les ongles artistiquement faits.
La chute s’est brutalement arrêtée, et désormais, les pièces du puzzle se mettent en place. Le lycée Gallia n’est plus un endroit dans lequel je dérive en étranger. J’y suis vraiment prof.
Soulagement.