Vendredi 10 septembre

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La fatigue de la rentrée a eu la gentillesse d’attendre cette fin de semaine pour me retomber dessus. Même après quatorze ans de métier, les symptômes reviennent, invariables : les jambes raides, la voix éraillée, et une purée de pois cassés au fromage fondu dans la cervelle.

Une réussite toutefois : je suis parvenu à maîtriser le temps. Oui, je sais, dis comme ça ça va totalement prétentieux ou tiré d’un épisode de Doctor Who. Ce que je veux dire par là est que certaines années, j’ai la sensation de ne pouvoir que bosser. Tandis que d’autres, j’arrive à multiplier les activités. “Le temps, je le prends.” ai-je sorti, un poil bravache, à un collègue. C’est un fait. Je dors un peu moins, je me donne un coup de pied au derrière pour sortir du canapé, je ferme mon navigateur internet. Ce n’est pas une question de coaching de vie ou je ne sais quel autre produit promotionnel d’influenceur : avoir totalement changé de milieu professionnel m’a donné un surcroît d’énergie. Même si la fatigue est présente, quelque chose en moi me pousse à la combattre. Quelque chose qui jubile à l’idée de faire cours à des lycéens, à tenter de nouveaux trucs, à établir des rapports prof-élèves différents avec ces êtres plus âgés.

C’est aussi l’une des raisons qui me poussent à continuer à aimer ce boulot : il me tient en déséquilibre. Dans la glace, ce n’est plus tout à fait la même tête. La façon de s’habiller a un peu changé aussi. Mêmes vêtements, autre attitude. Pour quelqu’un qui ne s’aime pas trop, c’est un sacré cadeau, que de pouvoir se métamorphoser ainsi. Ça vaut bien la fatigue.

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