Lundi 13 septembre

Elles sont arrivées : les premières évaluations. Celles des secondes Azumarill.
C’est tôt, pour beaucoup d’élèves.
Mais c’est important.
C’est important parce que c’est la deuxième rencontre. À la rentrée, j’ai vu leurs visages, entendu leurs voix, parfois. Attitudes, premières réponses à des questions, quelques oppositions. Mais c’est peu. C’est peu parce qu’il n’y a rien de plus facile, pour un élève, de se dissimuler derrière ses camarades, surtout quand il ne comprend pas. Alors dans un groupe de trente-cinq…
Sur le petit travail d’écriture qu’ils m’ont rendu, se dessinent d’autres traits. Parfois similaires à ceux de leurs visages et de leurs voix, parfois totalement différents. S’apercevoir que celle-ci a déjà toutes les connaissances que l’on a abordées et bien plus, que celui-là peine à maîtriser la langue française. Découvrir des difficultés que l’on ne soupçonnait pas, que l’on a formulé une consigne dans des termes trop ambigus pour certains, que ce mot-là a jusqu’ici été mal compris…
Et dans la même lecture, ce sont leurs noms qui se fixent. J’ai été jusqu’ici incapable de retenir le moindre patronyme durablement, à l’exception de ceux qui passent le cours la main levée. Désormais, ils coulent de façon bien plus fluide. Raccrocher des écritures, des mots aux visages… Peut-être qu’il suffirait que je leur dise ça, pour éviter le stress de ce qui reste, pour eux, les fameux “contrôles” : j’ai besoin de vous connaître. Ça passe par vos mots, quelle que soit l’orthographe qu’on leur donne.
Ce ne sont que quelques feuilles de papier, maintenant annotées de remarques et de conseils. Ce ne sont que quelques pas dans la brume qu’on explore ensemble. J’espère le leur faire comprendre.