Mardi 21 septembre

J’en suis venu à redouter tous mes cours de Première Tritox, la Première Générale que j’ai en charge. Et je commence aujourd’hui à comprendre pourquoi. Ce n’est pas une question de didactique ou de pédagogie : je suis en train de me battre contre le programme.

De notoriété publique, les exigences de la matière durant l’année du bac de français oscillent entre le rigoureux (pour les plus optimistes des collègues) et le totalement délirant (pour les… disons moins optimistes). La préparation des vingt textes à présenter à l’oral, la méthodologie de la dissertation, du commentaire, les lectures d’œuvres souvent bien costaudes, le tout saupoudré d’une généreuse couche de grammaire : il y a de quoi perdre faire perdre son sang-froid à un prof aguerri. Alors un débutant…

J’ai connu cette lutte avec tous les programmes de collège. Une sorte de confrontation où on donne un coup par ici, on fait une concession par là, pour ne pas finir en machine à déballer du savoir ou en animateur de centre aéré. Et c’est exactement ce à quoi je me confronte actuellement, mais le niveau de difficulté est passé de normal à boss final de Drakengard 3 (une de mes ambitions de l’année est de terminer cette horreur. Oui, j’ai des rêves fabuleux.)

Les délais ultra-serrés de l’année de première mènent à toutes sortes de dilemmes. Aujourd’hui, j’ai passé une heure avec les élèves à les promener dans le prologue de Juste la fin du monde. Visionnage d’interprétations diverses, et mise en scène personnelle de l’extrait. Un cours “ludique”, même si cet adjectif commence à me flanquer de l’urticaire. La deuxième heure a été consacrée à une analyse bien plus aride, qu’ils ont franchie sans la moindre difficulté. Les mots de Lagarce au creux de l’oreille, et une envie bien plus forte de se confronter à son langage. J’ai investi une heure. Ai-je bien fait ? Était-ce trop, pas assez ? Dois-je systématiser cette approche ou était-ce un événement unique, qui a vocation à le rester ?

Parfois, juste parfois, j’aimerais avoir l’impression d’avancer sur de la pierre, et pas sur du sable.

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