Vendredi 24 septembre

Au lycée Gallia, les projets abondent. Je craignais que, avec les échéances de la première, le programme gargantuesque de la seconde et le nombre affolant d’élèves, tout le monde se focalise uniquement sur les tâches immédiates.

En fait non.

Les professeurs-documentalistes – réactives et efficaces, à croire que ça vient avec le boulot – ont ouvert la salve et proposé tout un tas d’idées hyper enthousiasmantes, permettant au premières d’étudier des BD en plus de les préparer à l’oral du bac, le collègue d’anglais a déjà prévu d’amener les secondes à un festival du film anglophone, un journal du lycée est en préparation, des concours de poésies sont prévus…

Et on on m’y invite souvent. Mon statut de petit nouveau n’a absolument pas empêché ma boîte mail d’exploser sous nombre de sollicitations alléchantes. Des représentations théâtrales en lien avec le programme, des sorties me permettant de mieux connaître les mômes, de leur donner une autre vision du programme de français et…

Oui mais je vais devoir décliner.

Je vais devoir décliner parce que je ne serai plus là, le 6 décembre. Le 3 janvier. Le 18 février. Et non, je ne me suis pas non plus présenté au conseil d’administration, même si je suis syndiqué. Pas plus que je ne participerai à nombre d’activités que les personnels du lycée partagent depuis longtemps. Ma présence dans le bahut bug, parfois. Comme si mon image, l’espace d’un instant, se pixelisait. La voix décroche, toujours pour le même message d’erreur : “Je ne serai plus là.”

Ce que j’aime, dans ce boulot, c’est de me lancer dans chaque nouvelle année comme dans autant d’épopées. Une grande saga en plusieurs volumes. Mais là, l’aventure a plutôt le format d’une nouvelle. Et, déjà, à intervalles encore espacés, mais régulier, les lumières indiquant la fin de la course scintillent au loin.

Des lumières froides.

Laisser un commentaire