Lundi 27 septembre

Elle est arrivée, aussi inéluctable que la gastro saisonnière, aussi agréable qu’un débat sur CNEWS : la semaine du test.

Généralement, au bout de trois à quatre semaines, quand on commence à bien se connaître avec les élèves, quand ils ont exploré les nouvelles règles, que la nouveauté des enseignants est devenu un quotidien, il s’agit de pousser les limites

Ça n’est pas – forcément – un cataclysme. Quelques bavardages commencent à affleurer à la surface du travail encore bien fait. Les élèves se déplacent, les feuilles commencent à se balader hors des classeurs. Les consignes doivent être répétées, quelques regards entendus sont échangés quand les profs parlent. Et forcément, s’ensuivent – parfois – des événements désagréables. Premiers haussements de ton, premières sanctions. Ou alors, si on a tout de suite commencé de façon plus sportives, premières exclusions, premiers rendez-vous avec la famille.

C’était le cas dans tous les collèges que j’ai traversés, c’est le cas au lycée. Et comme à chaque fois, prévenu, m’y attendant, je suis pris au dépourvu. Et je ressens une sorte de colère fatiguée. Il va falloir… Falloir sortir de ce fantasme d’enseignant qui ne fait qu’enseigner sa matière. Expliquer, mettre en place des stratégies, faire des plans de classe, retenir après les cours… Combattre les arguments toujours les mêmes “Non mais on parlait du cours ! Azy, c’est toujours moi ! De toutes façons, j’aime pas le français…”

Et même si c’est le jeu, ça n’est jamais facile. Parce que si ce sera toujours la première fois pour les élèves, c’est la centième fois pour nous. Elle est forte, l’envie de sortir les paroles idiotes de vieil oiseau “Toutes les conneries que vous faites, je les ai déjà vues, je sais ce que vous allez me dire” et j’en passe. Et je sais que souvent, quand on arrive à traverser cette flaque d’eau croupie, notre relation aux classes en ressort plus forte. Mieux définie, et unique. Comme s’il fallait forcément balancer de la boue pour mieux jauger de la distance qui nous sépare.

En attendant ça rend chonchon.

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