Dimanche 3 octobre

Et le dimanche, on s’évade !
Il y a 4 ans, j’écrivais un billet au sujet du jeu Tales of Berseria, ce soir, ce sera son successeur (mais pas sa suite, les jeux de cette série étant la plupart du temps indépendants les uns des autres) : Tales of Arise.
La série des Tales of est ce que l’on pourrait qualifier de jeu de rôles japonais hyper classique. Tout comme les Dragon Quest, par exemple, chaque opus obéit à des codes très précis, qu’il tente de raffiner quand sort une nouvelle itération. Les points incontournables sont une histoire mélangeant heroic-fantasy et éléments de SF, combats en temps réels, personnages très outrés et histoire obéissant aux codes des animés. Malgré ce cadre pour le moins rigide, la série connaît, depuis notamment les trois derniers volets, une évolution pour le moins réjouissante.
Tales of Arise nous fait atterrir sur la planète Dahna, réduite en esclavage depuis trois cents ans par les Reniens, venant d’un monde voisin. La quasi-totalité de Dahna est un gigantesque camp de travail, dans lequel des seigneurs se disputent la souveraineté de Rena en extrayant le plus possible d’énergie de leur colonie.
Des poches de résistances se sont développés chez les opprimés et c’est sur l’une d’elles que va tomber Masque de Fer, ainsi nommé à cause du casque qui lui recouvre l’intégralité du visage. Amnésique (comme 95% des héros de RPG japonais), le jeune homme est également insensible à la douleur. Sa route croisera rapidement celle de Shionne, dissidente renienne victime d’une malédiction, dont le but est d’assassiner les seigneurs de sa patrie, dans un but connu d’elle seule. Les deux protagonistes se retrouvent forcés de rejoindre la résistance et de collaborer, chacun poursuivant des objectifs dissemblables.
Ce bref résumé pose la couleur : il est difficile de faire plus classique comme scénario. Tales of Arise joue à la note près une partition extrêmement connue, celle des deux héros obligés de s’allier pour libérer une terre de l’oppression. Malgré tout, il émane de ce jeu un charme fou. L’alchimie entre Masque de Fer (qui a un nom, il ne gardera pas ce pseudonyme tout le jeu rassurez-vous) et Shionne est indubitable, à tel point qu’on aurait facilement pu se contenter de ce duo pour explorer le jeu. Ils seront cependant rejoints par une poignée d’alliés, heureusement restreinte, qui permettra de poser un regard différent sur Dahna et ses avatars. De plus, chaque personnage propose une expérience de combats vraiment différentes, Masque de Fer devant se montrer extrêmement agressif dans son style de jeu, contrairement à Rinwell, la magicienne de l’équipe, devant se placer stratégiquement avant de faire pleuvoir tout un tas de projectiles occultes sur la tronche de ses adversaires.
Les phases d’exploration ont le bon goût d’être assez brèves pour qu’on ne se lasse pas, tout en proposant suffisamment de résistance pour ne pas ennuyer. De la même façon, chaque partie du scénario pourrait constituer un épisode de série. C’est là ce qui fait la grande force de Tales of Arise : son équilibre. On a la sensation qu’après plusieurs années à patouiller une recette, à y rajouter un ingrédient et en retirer d’autres, les développeurs sont arrivés à une œuvre véritablement achevée, qui, malgré son classicisme, refuse les facilités pourtant nombreuses du genre. Le voyage de l’homme sans visage et de la femme aux épines fait partie de ces grandes épopées qui permettent de fuir, plusieurs dizaines d’heures. Et ça fait du bien.