Jeudi 7 octobre

Journée nulle. De ma part je veux dire. Je ne sais pas vraiment pourquoi : j’ai l’impression d’avoir préparé correctement mes cours, d’être prêt pour ce long jeudi, mais rien ne fonctionne, ou presque.

J’ai appris à reconnaître ce genre de journées instantanément : dès la première heure ma voix, habituellement peu agréable, va sonner encore plus faux qu’à l’accoutumée. Mes tics de langage se multiplient, ma pensée s’évade. Je ne suis pas dedans. Et si je n’y arrive pas, comment pourrais-je l’exiger des élèves ? Peut-être est-ce la fatigue, peut-être ai-je mésestimé ce que j’attendais des mômes. Mais le fait est que je ne les amène nulle part et j’ai la très désagréable impression de leur faire perdre leur temps. Forcément ça m’énerve, je deviens irascible et foncièrement désagréable, ce qui les braque encore plus.

Dans ces moments-là, il faut faire comme durant cette période où j’ai intensément joué à World of Warcraft : admettre qu’on ne finira pas le donjon dans les temps et juste essayer de le terminer le plus proprement possible. “Ça n’est pas grave, on apprend.” disais-je à chacune de nos défaites, essayant davantage de me convaincre que de réconforter les autres. C’est ce que je me dis aujourd’hui. Et comme à chaque fois, ce mantra ne fonctionne qu’à moitié ; dans ce cas-là une seule chose à faire : passer à une toute autre activité, devenir, l’espace de quelques heures, quelqu’un d’autre. Aller courir, se préoccuper de la santé de ses lapins, de la haie qui pousse trop, de Tales of Arise, auquel je n’ai absolument pas eu le temps de jouer cette semaine. N’importe quoi, mais ne pas être prof. Et oublier.

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