Mercredi 20 octobre

J’en suis arrivé à ce moment de la période scolaire où je compte les heures. Pour la dernière fois avant les vacances, cours avec les secondes Azumarill : nous achevons l’étude de La Machine Infernale. Sur les marches de Thèbes Œdipe, accompagné de sa sœur, Antigone de sa fille, de sa femme, Jocaste, de sa mère, prend sa liberté.

“Ce doit être frustrant, d’être TZR, et de partir sans voir les méthodes que tu as mises en place porter leurs fruits.” m’ont dit plusieurs collègues lorsqu’ils ont appris que je ne resterais pas toute l’année.

Je suppose que ça l’est. Je n’ai encore jamais vécu cette expérience. J’ai quitté mes classes de sixième en mars, l’année dernière. Tout ou presque était déjà fait. Peut-être, sans doute, ces élèves, gentils mais très immatures du mois de septembre seront-ils en juin encore plus pertinents qu’ils commencent à l’être. Leurs interventions plus fines, leur regard sur les mots plus affûté. Et ce sera la collègue que je remplace qui aura le privilège de les voir s’épanouir. J’explore cette pensée. Suis-je frustré ? Pas vraiment.

Il y a quelques mois, j’écrivais, en pleine nuit, et très naïvement, dans un carnet “Ne fais pas insulte au temps donné.” Pour une toute autre raison. Mais cette maxime peut parfaitement s’appliquer à cette heure du mercredi. Écoute tes élèves débattre de la fin de la pièce, épouvantablement déprimante ou pleine d’espoir, “de soleil”, comme dit Kika. Profite d’être prof de lycée, ici et maintenant.

Pour les trois dernières semaines, nous étudierons la poésie à travers un thème : le carpe diem.

Laisser un commentaire