Vendredi 22 octobre

Bonne joueuse, la fatigue a attendu aujourd’hui pour me laminer la face. Par contre, elle l’a fait avec une conscience professionnelle impressionnante et, depuis hier soir, je ne parviens pas à accomplir une action quelconque à vitesse normale : j’ai l’impression qu’on a ralenti mon temps personnel de deux fois sa vitesse normale.
Ce début d’année au lycée a été rude, ne nous voilons pas la face. Il m’a fallu réapprendre une partie non négligeable de mon métier et certains de mes outils les plus efficaces ont été laissé dans leurs étuis : la gestion de classe, l’aide à l’organisation, l’entrée dans l’explicite des textes… Et il a fallu que j’apprenne, toujours dans la surprise, toujours dans l’urgence, à aider les classes à approfondir à me montrer plus disert, plus précis dans mes explications, à faire passer de nouvelles exigences auprès des lycéens.
Je m’affale dans un canapé et me regarde. J’ai encore une fois complètement changé. Parfois, je ressens une minuscule pointe de jalousie à l’égard des collègues qui me disent être dans leur établissement depuis huit ans, s’y plaire.
Et puis le narcissique en moi crie de joie de découvrir de nouvelles facettes de ma personnalité à explorer.
Mais pour le moment, ce narcissique, et toutes ces autres facettes ont juste besoin d’un peu de repos. De sérénité.