Mardi 2 novembre

Discussion avec A. dans un café. A. est auteur et anime fréquemment des ateliers d’écriture dans des établissements scolaires. Sa vision des élèves est fascinante, juste un poil décalée de celle d’un prof.
Il me parle notamment de cet élève, avec qui il ne travaillait pas officiellement et qui était venu le trouver pour soi-disant lui montrer ses dessins. Probablement pour créer un lien avec lui.
Créer un lien… Cela arrive, assez souvent. Des mômes qui, pour des raisons diverses, tentent d’approcher un adulte, de le saisir en tant que personne. A. me raconte sa déception de l’avoir instinctivement mis à distance, et d’en avoir parlé aux enseignants. Je le rassure : intervenant temporaire dans un bahut, c’était probablement plus sage. Elle est tellement ténue, la frontière entre l’attention et la trop grande familiarité, plus encore quand on n’enseigne pas au quotidien…
Mais il y en a temps, de mômes en recherche, chaotique, d’un contact. Et que pouvons-nous leur offrir ?