Jeudi 4 novembre

Cette année plus que toutes les autres, les élèves ont à apprendre de nouvelles méthodes. J’enseigne au lycée, il y a beaucoup à faire. Commenter, disserter, analyser, relever… Tâches peu évidentes, d’autant plus que le confinement, le premier, le plus difficile, est passé par là. Nombre d’élèves n’ont pas eu l’occasion, durant le collège, de se confronter au genre argumentatif – pas de brevet – ou de connaître une transition cohérente vers des textes plus complexes.

Alors ils imitent. Pillent les tournures, éparpillent des structures de phrases déjà employées. Et ils le font avec pas mal d’habileté. Forcément. Ils ont gagné en maturité.

Mais ce ne sont pas leurs mots.

Bien entendu, il s’agit d’exercices techniques. Scolaires. Mais habituellement, quels que soient les écrits d’élèves, un déclic s’opère. Les tournures de phrases, connecteurs logiques, transitions et développements respirent à des rythmes différents. Les signes sont ténus mais sont là. Ils se sont approprié l’exercice. Il est devenu leur allié ou leur adversaire. Mais il fait partie de leur univers mental. Mais cette année, à l’exception d’une petite poignée, cette alchimie n’opère pas.

Il y a sans doute quelque chose qui déconne avec ma manière de faire. Je tente différentes approches, toujours luttant contre ce foutu temps qui nous aiguille en première. Mais j’ai beau fouiller, je ne parviens pas, je ne parviens pas, pour le moment, à leur donner leurs mots.

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