Mercredi 3 novembre

Nouvelle conversation avec A. Il me demande si je tiens un journal autre que celui-ci. La réponse est non. Et je balbutie en essayant d’expliquer pourquoi. Sans doute parce que je n’y ai jamais réfléchi avant.

“Il te faut un sujet.” finit-il par conclure pendant que je m’empêtre dans des débuts de phrases.

Mon métier, mes élèves sont-ils un sujet ? Peut-être. Sans doute. J’ai entamé ce journal comme un talisman. Parce qu’il permettait de donner un sens à ces journées durant lesquelles j’avais l’impression de sauter de plateforme en plateforme, comme dans ces niveaux de jeu vidéo où l’écran défile et te tues si tu touches le bord.

Et puis petit à petit, il est devenu, comme pour beaucoup de diaristes je pense, une boîte à souvenirs, Pandore inversée. J’ai une mémoire épouvantable, mais l’oubli n’a jamais pu toucher ce que j’ai écrit.

Et ces mômes dont je parle changeront, grandiront, oublieront, probablement. C’est normal et sain.

Mais, j’ignore pourquoi, savoir que quelques bribes de leur passage dans une salle de classe ont été preservées dans l’ambre d’un blog me rend heureux.

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