Mardi 23 novembre

Et tout à coup un trou d’air.

Une journée de prof, c’est un flux tendu. On apprend, on prend l’habitude de ne pas s’arrêter. C’est aussi pour ça que nos emplois du temps nous importent autant. Déterminer le moment auquel on fera ses photocopies (si possible pas le lundi matin), où l’on remplira le cahier de textes, où l’on corrigera son paquet de copies. Même les moments de pause, où l’on peut parler avec des collègues que l’on apprécie, on les prend consciemment. Tout ça forme une sorte de tissu.

Et ce matin, le tissu se délite.

Je devrais normalement profiter de cette heure sans cours pour m’avancer dans mon travail de la semaine prochaine. Mais si travail de la semaine prochaine il y a, il ne sera pas avec ces classes. Ou peut-être même ces niveaux. Le cahier de texte est rempli, les dernières photocopies faites. Je n’avais pas vu le truc venir. Désœuvrement. Je sors mon téléphone, consulte le site du CNED et les cours qui y sont déposés, mais sur un écran de portable, c’est illisible ; je rédige deux trois messages.

Un prof sans rien à faire, ça se voit. Les collègues viennent me voir, bavardent, me demandent ce que je fais. “Pas grand-chose.” C’est une phrase que l’on prononce peu.

Plus que deux jours, je flotte dans le vide. Heureusement, j’ai beaucoup de cours, le mercredi et le jeudi.

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