Mercredi 8 décembre

Parmi les collègues, il y a C. Elle est prof de SES avec l’une de mes classes. En clair cela veut dire que je la croise très peu souvent, jeu des spécialités oblige.

Malgré tout, elle fait partie de ces collègues que, de loin j’admire. Parce qu’il y a en elle quelque chose d’éminemment serein. Et ordonné. L’adjectif peut sembler surprenant, mais est approprié. C. semble aborder toutes les situations avec rigueur : ses cours, dont elle parle avec sa stagiaire V. – je n’ai jamais vu une tutrice considérer sa stagiaire autant d’égale à égale – les débats en salle des profs, auxquels elle ne participe qu’après avoir pris le temps de réfléchir, ou les conflits avec les élèves.

Pour le bordélique absolu que je suis, cette façon d’être est absolument fascinante. Et aujourd’hui, alors que nous devons gérer un peu par hasard un groupe d’élèves ensemble, et que la situation devient chaotique, elle ne se braque pas. Elle accepte. Et, devant mon regard un peu surpris, lance, sans élever la voix : “Les consignes qu’on leur a données n’étaient pas claires.”

De temps en temps, dans l’enseignement, il y a des phrases simples, tellement simples qu’elles ne font pas de bruit, et qu’on a tendance à les oublier.

Celle-ci en fait partie.

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