Mercredi 29 décembre

Tous les gens qui écrivent un tant soit peu sérieusement me l’ont dit un jour : un texte n’est pas terminé quand il est parfait, un texte est terminé quand on décide qu’il l’est.
C’est le point commun avec les cours. Et l’un des chausse-trappe du métier, que je tente désespérément d’éviter en ce temps de préparation de cours, alors que je m’apprête à retrouver des cinquièmes, après cinq années sans ce niveau.
De nombreuses conversations avec des collègues entrant dans le métier ont amené à ce constat : créer un cours, c’est ouvrir des portes sans fin. La moindre notion nouvelle pourrait être déroulée sur une année scolaire entière, notamment en français. Comment, alors, réussir à enseigner sans être trop pléthorique ou sans saupoudrer ? Une quadrature du cercle dans laquelle il est aisée de se retrouver à tourner comme un hamster dans sa roue.
Encore une fois, c’est une épreuve de confiance et de volonté, un chemin perclus d’hésitations. Dans lequel on se retrouve souvent bien seul. Alors en ce moment où je m’apprête à découvrir un établissement que je n’ai encore jamais vu, où mes élèves sont encore des fantômes, je conjure toutes ces voix qui m’ont aidé un jour, tous ces moments passés. S’appuyer sur son expérience pour redevenir nouveau prof. C’est vertigineux et exaltant.