Vendredi 14 janvier

Cours qui se passe particulièrement mal avec les cinquièmes Ouisticram. Les pénibles de la classe s’agitent, je m’énerve contre eux, on perd du temps, je perds la classe.

Et je suis entièrement fautif.

Si j’ai préparé mes cours consciencieusement, je continue à me rendre à Hoshido à regret. Je compte déjà les jours. Et s’il y a un truc dont je suis certain quant à ce métier, c’est qu’on ne peut le faire à regret. Pardon, j’amende : que je ne peux le faire à regret.

Quelque part, peut-être que ça me va, comme posture : je peux rester dans le regret d’un poste que j’ai quitté et qui me plaisait. Je peux me contenter du minimum d’efforts. Je n’ai pas envie de m’investir dans ce bahut. Mais, content ou pas, il fera partie de ma vie au moins jusqu’aux vacances, et très probablement jusqu’à la fin de l’année scolaire. Je n’ai pas envie d’y aller en traînant les pieds. Et moins que tout, je n’ai pas envie de ressentir cette boule dans le ventre que je vais au travail le matin.

Contrairement à ce que je pensais, je ne l’ai pas anéantie. Juste repoussée. Dans la voiture, alors que ce n’était même pas encore l’aube, je l’ai sentie bouger, dans son sommeil. Plus jamais ça.

Alors je vais tenter de faire de ces élèves mes élèves. Consacrer de l’énergie à les voir, les voir vraiment, les motiver. Consacrer de l’énergie à trouver du plaisir. Ce n’est pas trahir ce que je laisse derrière moi, c’est refuser de perdre du temps à regretter. Ce regret qui n’a plus de sens.

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