Lundi 31 janvier

Tous les coureurs en ont fait l’expérience : que l’on parcoure cinq, quinze ou quarante-deux kilomètres, le corps décidera systématiquement que les dernières foulées sont épouvantablement difficile, même si l’on est un athlète chevronné.
Il en est de même dans les établissements scolaires. Je suis cette année dans la zone qui a ses vacances le plus tôt : au bout de cinq semaines, ce qui est très bref (et laisse envisager d’une dernière période d’une longueur autantenemporteleventesque). Malgré tout, je suis totalement crevé, et les mômes dans un état d’énervement alarmant. Iels se bagarrent, pleurent, ne parviennent plus à se concentrer.
Prendre du recul, pour les élèves comme les profs, devient épouvantablement compliqué. Et même si j’écris en ce moment ces mots, à l’issue d’une journée qui s’est mal passé (j’ai haussé la voix et fait chut, ce qui ne me sert à rien, à part augmenter ma pression artérielle et me faire ressembler à une cocotte minute), je n’arrive pas à redescendre. La petite voix qui chuchote à nouveau que c’est foutu, que ça ne sert à rien… Alors que non, en fait. Si ça se trouve, demain se passera beaucoup mieux. Mais c’est difficile à croire.
Allez, rappelle-toi. Dans ces moments-là, tu mets tes chansons les plus atroces, et un pied devant l’autre. Jusqu’à la ligne d’arrivée.