Lundi 7 février

Après un mois et quatre évaluations corrigées par classe – plus quelques travaux ramassés – j’en suis venu à la conclusion suivante : l’intégralité des élèves du collège Hoshido sait parfaitement donner le change.
De l’extérieur, les mômes semblent plus en phase avec la chose scolaire que tous les collégiens que j’ai rencontrés jusqu’alors : attentifs lors des explications, le front studieux sur les pages de leurs livres, que ce soit pendant le cours de français ou le quart d’heure de lecture.
Mais les copies racontent une toute autre histoire : des difficultés immenses, parfois plus fortes que ce que j’ai jamais vu jusque là. Des gamins en perdition. Et fuyants. Impossible de leur demander ce qu’ils n’ont pas compris. Ils éludent, sont pressés d’aller dans le cours suivant, éclatent en sanglots. Et reviennent, le cours suivant, comme si de rien n’était. Pour le moment, j’ignore encore d’où vient cette affectation. Cette volonté de ne pas montrer qu’ils sont parfois – souvent – paumés.
Il va y avoir beaucoup à faire, à la rentrer, pour percer le masque. Mais ça tombe bien. Les masques, ça me connaît.