Mercredi 16 février

Les yeux encore plein de sommeil, j’accompagne D. à Ylisse, mon ancien collège. Tout a changé, rien n’est différent. “Tu as maigri, toi !” me lance R. alors que je passe devant la loge. “Tu manges, j’espère, à Rennes !”

C. découpe des photos pour un jeu qu’ils font en salle des profs. Des visages inconnus, fatigués par sept semaines de cours. Et M. qui m’accueille comme si on s’était quitté pour de petites vacances. Sa voix réconcilie toujours avec le monde.

Sonnerie. Ce n’est plus Aya Nakamura, comme l’année dernière mais le début de La la land. Dans une autre réalité, un Samovar resté à Ylisse se lève pour aller retrouver ses élèves. Je le regarde, et il n’y a entre lui et moi que beaucoup de tendresse. La nostalgie n’appose plus son filtre. Pour qu’il y ait nostalgie, il faudrait que le temps soit révolu.

Or il ne l’est plus. C’est le privilège de l’âge. À force d’accumuler les années, elles cessent de s’aligner sagement sur un axe. Elles se déploient tout autour de moi, séparées uniquement par la force des souvenirs. Je suis en paix, je suis en paix, je m’en rends compte maintenant, avec toute cette période de ma vie.

Compression temporelle. C’est le sort que la méchante sorcière Ultimecia veut lancer dans le jeu Final Fantasy VIII et que l’on empêche. Peut-être qu’en fait, elle voulait juste retrouver des amis de son ancien métier. Ou retrouver, A. le long des quais de Seine, pour une longue discussion où il m’aide à défricher. Déchiffrer. Les deux.

Ou prendre un goûter de petits pains, Nutella et chat qui rebondit à 18h30 en regardant des vidéos.

Ou boire du rhum à 1h du mat’.

Tout ensemble.

(image de la méchante sorcière Ultimecia, tiré du jeu Final Fantasy VIII)

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