Mardi 15 mars

A. est, dans ma tête, le moniteur de ski typique : leste, souriant, blond, le sourire assorti à la neige et parlant de sport de glisse comme d’une métaphysique : “Ta perception des choses s’est modifié.” commenterai-je alors que nous arrivons en haut du télésiège

Et forcément, les quatrièmes du groupe rouge, que j’aide à encadrer aujourd’hui, sont tous en admiration devant A. Ils voudraient l’impressionner autant qu’il les impressionne, à descendre les pistes sagement puis à faire un petit saut encore hors de leur portée, ou à leur dire qu’ils sont de loin les meilleurs. Ils sont heureux, les mômes du groupe rouge, qui savaient à peine skier, descendre désormais une piste bleue à grand renfort de virages. À en oublier les consignes de sécurité, dont le fait de porter des gants. Je m’en aperçois alors qu’une élève s’écroule devant moi et que mon ski se retrouve à quelques centimètres de ses mimines. Je tords un brin trop mon genou pour éviter un tartare de quatrième et me tord probablement quelque chose. Je finirai la journée en serrant les dents, et en espérant que la blessure que je viens de me faire sera traitée par un médecin de la montagne qui lèvera les yeux au ciel en me disant que c’est rien et qu’il en soigne dix mille comme ça par jour.

Soirée plus laborieuse pour coucher les mômes, surexcités par ce qu’ils viennent de vivre. Chaque chambre, c’est un monde d’ados, entre ceux qui n’ont pas réussi à faire leur lit et dorment sur l’alèse, ceux qui ont embarqué un téléphone portable supplémentaire en loucedé pour se soustraire au relevé vespéral de ceux-ci (on l’avait pas vu venir, ceux qui s’engueulent… “Une chambre de sortie scolaire est un lieu de nuit.”, s’amuse B. Il ne croit pas si bien dire.

Soirée avec les collègues. De belles personnes.

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