Mardi 22 mars

Après deux années passées à lui faire des pieds de nez, je me fais rattraper par le Covid. Chance dans mon malheur, mon corps a la gentillesse de le traduire sous forme d’une grosse rhinite.

Égoïstement, j’aimerais que ce soit la fin. Le virus a gagné, on va pouvoir passer à autre chose. Si seulement c’était possible. Depuis deux ans, je constate le courage, notamment dans ma vie professionnelle. Celui des profs, qui enseignent dans des conditions tellement dégradées. Celui des élèves, qui sourient toujours, mais dont je crains tellement les lignes de faille invisibles, se creusant un peu plus chaque jour.

Ce ne sera pas comme ça. Pour tout un tas de raisons, dont certaines, purement humaines, me mettent en colère. Mais j’ai eu de la chance. Alors je me repose. Je reprends des forces. En attendant de pouvoir rejoindre ce groupe de gens qui, patiemment et silencieusement, tente de maintenir le monde en place.

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