Lundi 28 mars

Aujourd’hui, la journée était globalement pourrie. Mais je n’ai pas envie d’en parler.
Pour plein de raison, j’ai projeté en classe le DVD de L’homme de Rio, sur lequel nous allons, en cinquième, créer une exposition.
Contrairement à ce que l’on peut penser, passer un film, ce n’est jamais une gageure, au collège. En tout cas, personnellement, je serre toujours un peu – beaucoup – les dents. Parce qu’il peut se passer deux choses : où ils n’entreront pas dans l’œuvre. Ça n’est pas grave, mais ça veut dire que le prof devra mener la danse. Beaucoup. Comme souvent.
Et puis, parfois, ça marche. Pour des raisons toujours indéfinissables, toujours différentes. Ils rentrent dans la danse. Un moment les fait rire, les surprend, les bouleverse. Aujourd’hui, c’est quand Françoise Dorléac repose brutalement le combiné du téléphone et part à l’aventure, tandis que sa tante se désole “Elle finit pas sa pêche !” À partir de là, plus aucun bavardage, on est à bord. Même si les couleurs ont un peu fané, même si l’accent de Bébel est désuet. Direction Rio et ses mystères. Le film a fait œuvre de magie, et va largement faciliter les choses.
On se sent plus léger.
(Image extraite de L’homme de Rio, dans une scène ou Françoise Dorélac ne finit pas sa pêche).