Vendredi 8 avril

Fin d’une nouvelle période. En ce dernier jour, on a fait du théâtre. Le cinquième comme les sixièmes ont joué Molière. Entre ceux qui jouaient un notaire blasé par le couple Béline-Argan du Malade Imaginaire, ou une Lucinde affligée que son astuce de paraître muette fonctionne vraiment, entre les mômes qui tremblaient d’excitation à l’idée de passer sur scène et ceux qui tremblaient tout court, tout le monde a eu son compte d’émotions.

Ces émotions que j’ai l’impression de se voir dissiper en l’air, tout autour de moi, tandis qu’un immense sentiment de fatigue me saisit. C’est aussi l’une des énigmes de ce boulot : toutes ces scories d’émotions, grandes et petites, qui se déposent sur nos habits et là o la peau est exposé : l’enthousiasme et l’énervement des mômes, leurs révoltes et leurs rires. Il faut du temps pour s’en débarrasser totalement. Un temps de vide, un temps où l’on vaque à d’autres choses. Peut-être se trouve-t-elle là, l’étymologie de ces périodes : on voue nos élèves et toutes ces petites particules qu’ils nous laissent à l’oubli.

Pour revenir vers eux ensuite.

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