Mardi 12 avril

Ma mère m’a remis un ancien bulletin. Lorsque j’étais au collège Jacques Prévert, en sixième jaune.

Ce n’est pas pour souffler dans ma propre trompette – expression anglaise que je traduis littéralement avec joie – mais il était plutôt très bon, d’après les appréciations. Les notes que j’y vois sont, par contre, bien plus basses que celles que vaudraient aujourd’hui ces commentaires.

L’éternelle question du “niveau qui baisse”. Est-on moins exigeant aujourd’hui qu’il y a trente ans ? Pour faire simple, je ne pense pas. Les méthodes changent. Les objectifs changent. Le langage change. Le “niveau qui baisse”, c’est bien souvent partir du principe que les élèves français de 2022 vivent dans un monde similaire à celui dans lequel nous avons évolué précédemment. Les notes et les évaluations sont autant un reflet de la volonté politique que l’on confère à l’école que de leurs propres efforts individuels.

Et au risque de passer pour un affreux rétrograde, j’ai l’impression que la volonté actuelle de l’école, c’est de crier de plus en plus fort que tout va bien, tout est sous contrôle, ah ah. Sourions.
Mais est-ce que ce serait si grave, si dramatique, de se dire que non, en fait, tout ne va pas bien ? Peut-être que ceux qui tirent la sonnette d’alarme pourraient le faire un peu moins fort, en grimaçant un peu moins. Peut-être, juste, en plein dans une échéance électorale on pourrait s’occuper de ce qui va forger le monde de demain. Le fameux monde d’après.

Qui mériterait d’être davantage qu’un slogan.

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