Vendredi 22 avril

Il y a de ces citations dont on ignore si elles sont réelles ou si, comme un souvenir qu’on se serait inventé, elles existent en fantôme au creux de nos mémoires. Comme celle-ci : “L’amour est une affaire de grands marcheurs.”
Je parcours Paris dans le sens de la largeur. Nation – La Tour Eiffel. Et tandis que je déroule le tissu cicatriciel — tant de bâtiments rectifiés, amputés, régénérés — je ressens à nouveau ce sentiment que tout est possible. Pourquoi au fond avoir quitté Daumesnil, la Fontaine, la BNF et le Auchan ? Pourquoi vouloir vivre ailleurs que dans ce délire urbain ?
Comme toujours la même réponse.
Parce que j’aime Paris d’amour et que Paris me rend dingue. Parce que j’aime mon boulot d’amour et mon boulot me rend dingue. Il y a deux ans, sans doute, j’ai choisi. De quitter ce creuset de possibilités pour pouvoir continuer à être prof plus sereinement. Ça n’est pas une ascèse : c’est juste la vie.
Et puis, je peux continuer à y marcher quand je veux alors…