Mardi 3 mai

Les mots de la principale résonnent un peu comme une sentence :

“On va basculer en fonctionnement dégradé.”

Accident au collège. Un bâtiment sera condamné pour deux semaines – si on est très très optimiste, genre optimiste un deuxième mandat Macron moins de droite – et donc, dix salles de cours en moins.

Il va falloir “fonctionner en dégradé”. Un jour par semaine, un niveau aura classe à la maison. Et les autres élèves s’entasseront dans les salles qui restent. Salles de sciences plus sollicités que jamais, permanence accueillant des cours d’anglais ou de techno, changement permanents. Enfants et adultes se retrouvent ballotés, là où l’administration arrive à leur trouver des créneaux.

Avec les sixième, on a commencé l’Odyssée. “C’est pas les voyages d’Ulysse, c’est les voyages de la sixième Tiplouf, monsieur !” rigole Ouissem. Heureusement, la disposition de la salle de physique est idéale pour matérialiser la fuite des bateaux d’Ulysse devant de terribles géants. Moins pour la classe de cinquième, toujours la même, avec laquelle je n’arrive toujours pas à construire quelque rapport de confiance que ce soit. “Mais c’est quoi leur problème ?” maugrée Andréa alors que, tandis que nous montons en cours, nous croisons les cinquième Gardevoir qui me font coucou en rigolant “Monsieeeeeeur, j’ai trouvé plein de livres sur les Mille et Une nuits pour demain, ça va être trop bien !”

Les étranges alchimies de classe.

Drôle d’impression. Instabilité au carré. Prof remplaçant dans des salles provisoires. Et ces journées de “distanciel” (je hais ce mot, autant que “puéril” et “impacter”) qui renvoient à des moments pas forcément rigolo.

Heureusement, pour aider les mômes à traverser ça, j’ai Shéhérazade et Ulysse. Chouette équipe.

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