Jeudi 19 mai

La salle où je donne habituellement cours est d’une propreté de bloc chirurgical. Nettoyée de fond en comble après les divers événements qui ont condamné le bâtiment de lettres pendant deux grosses semaines. Devant les tables, alignées au millimètre, de gros cartons laissés là par l’entreprise d’assainissement.
Je retrouve à peu près tout. Les manuels, les travaux d’élèves, la clé USB prêtée par A. et la BD sur les voyages de Télémaque qu’une sixième avait cru ne jamais revoir.
La salle est très blanche et très silencieuse. Je m’active pendant une petite heure.
Je suis dans ce collège depuis cinq mois. Je le quitte dans une poignée de semaines. Et c’est la première fois que j’ai la possibilité de l’aménager un peu plus à mon goût. C’est un confort presque un peu douteux, presque bourgeois d’avoir “sa” salle, quand on est prof.
L’idée n’est pas d’en faire la salle de Monsieur Samovar. Juste de faire bouger les aiguilles. Je réfléchis à la façon de rhabiller les murs. Les cartes de l’Empire romain, proprement pliées, cohabiteront désormais avec la grande affiche de Persépolis, prêtée par une autre collègue. Les plus beaux dessins autour de “L’homme de Rio” resteront. Bientôt, une exposition sur l’Odyssée.
Et puis on réinstallera le décor Mille et Une Nuits avec quelques élèves volontaires.
La salle est très vide. Vivement qu’elle se remplisse à nouveau de toutes les envies d’élèves.