Lundi 13 juin

Comme à chaque fois que nous étudions Bilbo le Hobbit, ils attendent ce moment en riant d’impatience et d’angoisse. La vedette du roman ce n’est pas le personnage éponyme, Gandalf ou même Smaug le dragon.
Non, il s’agit de Gollum.
“C’est Gollum, c’est Gollum !” s’exclament-ils toujours quand arrive le chapitre 5, énigme dans l’obscurité. Peu l’ont déjà lu et pourtant, nombreux sont ceux à frissonner délicieusement d’anticipation. Et c’est un merveilleux hommage au génie de Tolkien : que tous les ans, des collégiens découvrent, les uns à côté des autres, la caverne de cette créature “petite et visqueuse”. Aujourd’hui, les films ont fixé dans les imaginaires l’image de Smeagol. Et pourtant, l’imaginaire des mômes continuent à travailler. Ils rient d’horreur à l’image des membres à la fois terrestres et aquatiques – Lovecraft n’est pas loin – qui s’enfoncent dans l’eau noire.
Et les énigmes. Et la syntaxe tordue du monstre. Gollum est terrifiant et ridicule, il est la chose dans le noire qu’une créature aux traits enfantins, défie d’épée et d’esprit. Ils aiment se confronter à la chose qui, vaincue, leur donnera accès à l’anneau qui rend invisible. Au début de toutes les aventures.
Gollum est une belle étape de leur chemin d’enfants.