Vendredi 17 juin

Les cinquièmes sont affalés sur leur table. Fatigue de la fin d’année, chaleur écrasante, faim. 11h30, plus aucune énergie. Et je ne suis pas loin derrière. J’ai du mal à supporter plus de vingt-cinq degrés, la salle bondée et ne permettant pas d’ouvrir bien grand les fenêtres doit frôler les trente-trois.

Je me sens bien démuni. Alors dans ces moments-là, il ne me reste plus.

“Si on compare la forêt des elfes de Bilbo avec la forêt de Brocéliande, quelles sont les différences, selon vous ?”

Ils lèvent la tête et me regardent, interrogateurs ?

“Quoi ?
– Brocéliande. Ça fascine tout le monde, et vous habitez juste à côté.
– Ben c’est joli Brocéliande, mais c’est paaaas…
– Pas quoi ?
– Je sais pas. Ce n’est pas la Brocéliande des livres. C’est un autre endroit. C’est comme les châteaux. Quand on en visite un, c’est pas les châteaux des contes.”

Lentement une gamine lève la main. Une autre. Un môme qui dessinait relève la tête. À grand traits, je leur dessine des endroits enchantés. La Lorien, le château de Howl, Port-Ponan… On s’enfuit, loin, loin de la classe, loin de la chaleur. Loin aussi de cette catastrophique journée d’hier.

“Monsieur, la chaleur elle ne vous fait rien ?
– Vous plaisantez ? Je brûle de l’intérieur.
– On dirait pas, vous mimez les magiciens, les monstres, la cascade…”

Au moins pendant ce temps là, on s’évade.

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