Lundi 16 janvier

Depuis quelque temps, l’innocence des sixièmes se craquelle. Moins d’émerveillement devant la moindre activité, moins de volonté de vouloir bien faire à tout prix, moins de valeur accordée à la parole de l’adulte.

Et c’est normal. Ils découvrent. Les relations humaines, la fin de l’enfance, une nouvelle étape dans la complexité des émotions. Même s’il n’y a rien de plus naturel, je ressens toujours une culpabilité irrationnelle : si j’avais mieux négocié quelque tournant fantasmé, ils resteraient capable d’émerveillement pour rien, de joie, il n’y aurait pas ces tortures adolescentes qui pointent.

Heureusement, une autre partie de moi me botte joyeusement les fesses et me le rappelle : ce n’est pas la fin. C’est la suite de ton boulot. Les cinquièmes, les quatrièmes. La richesse d’une pensée qui se nourrit de tout ce que tu as à leur apporter. Ce serait facile qu’ils restent ainsi. Ce serait simple. Mais ce serait nier ce que la réalité a de riche, de complexe et de beau.

Déjà, ils se préparent pour une nouvelle étape. Et c’est à nous, entre autres, enseignant, de les y accompagner.

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