Lundi 23 janvier

J’ai parfois des sorties qui font rire mon entourage :
“Je n’y arrive pas avec les films dont les personnages sont des enfants.
Non mais j’ai zéro patience avec les enfants.
Les ados, je saurais pas comment m’y prendre.”
Jusqu’à ce qu’une personne me demande gentiment :
“Mais t’es pas prof ?”
Et croyez-le ou non, mais ça me prend toujours au dépourvu. Comme si ça n’avait rien à voir. Mes élèves ne sont pas des enfants ou des ados. Je ne les appelle jamais “les enfants” et presque plus “jeunes gens” sauf quand ils m’énervent.
Ce sont mes élèves. Une modalité de connaissance du genre humain bien distincte de l’adolescence telle que je l’imagine. Des élèves. Infiniment complexes. Tout à la fois ados et adultes en devenir. Définis par des milliards de paramètres. Inconsciemment, petit à petit, mon moi-prof a forgé cette catégorie d’êtres humains avec qui je partage tellement de temps.
“Non mais je ne fréquente pas vraiment des ados. Je suis avec des élèves.
– C’est différent ?”
Infiniment.