Vendredi 29 décembre

« Moi, le français, ça n’était pas ma matière. »

C’est ce que j’entends 90% du temps lors de conversations superficiels. Avec la fromagère, le tatoueur, la personne qui vous a abordé dans le train. Mais de qui « est-ce la matière » ? Je pense que j’aime bien, au fond, que ce ne soit la matière de presque personne. Il n’y a pas d’élection. « Le français ». C’est presque drôle d’appeler ça comme ça. Tellement vaste que ça en devient à la fois ridicule et prétentieux. Une immense forteresse dont on se demande comment on peut ne serait-ce qu’y entrer.

Et notre boulot est là. Trouver la porte d’entrée dans cette forteresse. Faire en sorte que, justement, cette matière soit à vous. Rêche ou douce.

Je le dis souvent à mes élèves : « Je suis comme vous quand je commence à lire un texte. Perdu et perplexe. »

Il n’y a pas d’élection. Mais des clés, qu’on tente de vous aider à forger.

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