Vendredi 20 septembre

Si je disais que, depuis le début de l’année, mes rapports avec la cinquième Astronelle sont contrastées, je pourrais concourir aux championnats du système solaire de l’euphémisme. Ils n’en sont que partiellement responsables. Les caprices de leur emploi du temps font que je ne les vois que le matin, en première heure ou en fin de journée, après des heures qui les excitent particulièrement.

Calme olympien ou surchauffe absolue, pas de contraste.

Et bizarrement, ça se passe bien.

Je ne dis pas que c’est simple, ou qu’il ne m’arrive pas de moissonner des carnets, comme en témoigne ce qu’il s’est passé lundi dernier. Mais il y a entre eux et moi quelque chose qui s’établit, et qui ressemble déjà à une sorte de complicité. De l’espèce que je ne commence en général pas à développer avant le mois de janvier ou de février. La preuve, je connais déjà tous leurs noms, alors que c’est encore laborieux pour les sixièmes.

Je vois le meilleur et le pire de ces mômes. Pas d’entre deux. J’ai déjà eu ce foutu mal au bide en les voyant ricaner, pensant qu’on ne les voit pas. Tenter des piques aux plus vulnérables, refusant de l’aide à ceux qui sont en difficulté. Essayant maladroitement de se foutre de leur prof. Négociant la moindre tâche. Tout ce qui me fait sortir triste et poisseux d’un cours.

Mais je les vois aussi arriver heureux en classe, au petit matin : « Ah monsieur, j’ai lu le texte, j’ai PLEIN de questions. » Je les observe, se réveillant doucement pendant que je prends un peu trop de temps à leur donner quelques éléments de contexte sur l’extrait que nous étudions. Ou fiers de me montrer ce qu’ils ont appris les années précédentes.

J’ai toujours du mal à enseigner aux cinquièmes, parce qu’ils s’agit pour moi d’un niveau chaotique, tant au niveau des individus que du programme. Et cette année, les Astronelle en sont la plus substantifique moelle.

Eh ben dansons.

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